"Le reportage sur le combat de médecins et membres d'ONG luttant au péril de leur vie contre la propagande des talibans sabotant les campagnes de vaccination anti-polio a su s'affranchir « des contraintes d'un formatage d'enquêtes de plus en plus en vigueur dans les rédactions et que le jury du prix Albert Londres déplore », a souligné celui-ci. Une manière de déplorer les consignes toujours plus strictes en termes de montage, de ton, de narration, qui tuent l'originalité des sujets à la télévision." Ah ouais, ce n'était pas qu'une impression alors...
Découvert en regardant le film Rhum express ; initiateur du "journalisme gonzo" >> https://fr.wikipedia.org/wiki/Journalisme_gonzo
Sa page sur Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hunter_S._Thompson
Bien mieux, cet article sur Rage mag : http://ragemag.fr/hunter-thompson-itineraire-dun-journaliste-sous-lsd-50962/
"Une opportunité finit par se présenter : El Sportivo, un canard sportif basé à Porto Rico, lui offre un emploi. Soleil, rhum à foison et glandage en perspective ? Thompson signe derechef, même s’il ne parle pas un traître mot d’espagnol." >> Le film Rhum express commence à cet instant. Semble largement romancé pour la suite (il n'a pas été aussi grandiose dans la vraie vie que dans le film, il s'est surtout pinté la tronche en permanence).
Dans le même article, définition de "gonzo" : "Il s’agit d’un terme emprunté au jargon irlandais des quartiers sud de Boston et il désigne le dernier homme encore debout après une nuit de biture." Ça lui va comme un gant :)
Photos :
Je voulais faire un shaare privé, mais réflexion faite, c'est lisible aussi en vrac :)
Qui manipule qui ? "It's complicated" comme dirait l'autre. En tout cas, attention aux trop belles images, aux symboles, aux grands discours sur la liberté. C'est rarement sincère, et jamais sans arrières pensées.
Plus qu'un reportage sur "les journalistes français", un article sur les pratiques douteuses de certains journalistes et certaines boîtes de prod qui commencent le reportage en ayant une idée très précise de ce qu'elles veulent montrer ou faire dire...
Quand Schneidermann appelle les journalistes de Libé à la révolution (en tout cas, c'est tout comme)
"De Mitterrand en Hollande, l'Etat est resté l'Etat, même semi-dissous dans le Spectacle comme un cadavre dans l'acide. De ses restes, rien à attendre. Ayrault, Hollande, Filippetti, ne sont pas des divinités bienveillantes qui vont vous sauver au dernier moment, comme dans les Ecritures ou dans les films. Ce sont des zombies. Fuyez-les ! S'ils font mine de vous sauver, ce sera pour vous perdre, comme ils vous ont déjà perdus. Ils doivent vous craindre, et comment vous craindraient-ils, si vous tendez la sébille ? Fuyez-les ! C'est maintenant le moment, qui ne se représentera pas. Le journal vous appartient, ça ne durera pas."
"Cette nouvelle économie là, un intellectuel américain l’a théorisée dans un livre remarquable publié en 2000 : L’âge de l’accès. L’auteur, Jeremy Rifkin, y explique ( avec de nombreuses mises en garde) que dans un Occident suréquipé, il n’y a plus rien à vendre, et surtout pas des objets (qui a besoin de 3 voitures et 4 presse-purée ?), non, tout ce qu’on peut encore imaginer monétiser, c’est l’accès à des expériences de vie dans des univers, et tout particulièrement dans le domaine culturel qui constitue le nouveau champ d’expansion du capitalisme."
Ils sont choisis comment les journalistes chargés d'accompagner le président ? Quel bande de foutriquets. J'ai honte pour eux. Je trouve cette image particulièrement incroyable : https://twitter.com/ThomasWieder/status/433253933898010625 Obama et Hollande en train d'attendre comme des cons que les gosses aient fini de jouer avec leurs portables...
Bon, les journalistes pourront continuer à faire leur travail. Du moins ceux qui ne se laisseront pas intimider...
Putain, quel type. Chapeau. Quand on compare le discours -et les actes- ce Greenwald avec ceci http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?sVT5cw ça donne envie de chialer sur l'état des médias français...
Au Brésil, on met en prison les journalistes un peu trop impertinents. Le plus drôle, c'est que le juge qui l'a condamné en toute impartialité est le beau-frère de la personne incriminée par le journaliste...
Souhaitons lui bonne chance.
Suite de ça : http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?SnV3gQ
Je voudrais mettre une citation de l'article en exergue :
"Et généralement, cela permet au lecteur d’apprendre des choses, de s’ouvrir au monde, bref, l’inverse de l’effet produit par les articles qui relatent des petites phrases, en continu, l’une chassant immédiatement l’autre. Le rôle du journaliste n’est à mon sens pas de créer du buzz. Mais de donner à réfléchir sur la marche du monde."
Cette citation me fait penser au plaisir sans cesse renouvelé que je prends à lire XXI. C'est un journal, c'est à l'intersection du récit et du reportage, et ce que dit cette phrase est exactement ce qu'ils font.
Brut :
"Dire que les groupes de presse produisent des articles de qualité médiocre, copient/collent des dépêches à longueur de journée pour essayer d’avoir l’air de produire quelque chose sur le Web, dire qu’ils sont désormais détenus par des industriels qui n’en attendent rien d’autre qu’une rentabilité à deux chiffres, que ces industriels ne savent pas ce que c’est que la presse, qu’ils réduisent les coûts là où ils ne devraient pas le faire, dire que les journalistes n’ont plus les moyens de travailler correctement, tout ça, c’est mal. Pourquoi ? Parce que l’on réduit ce qui est dit à : « vous n’aimez pas les journalistes« ."
[...]
"Arrêt sur Images ou Acrimed se font régulièrement l’écho des dérives d’une presse qui cherche le clic comme l’alchimiste la pierre philosophale. A tel point qu’elle multiplie les titres putassier au détriment du contenu, pour attirer le cliqueur. "
Je ne connaissais pas Seymour Hersh. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne mâche pas ses mots, et que ça fait du bien, dans l'époque actuelle... Ce n'est pas précisément n'importe qui http://fr.wikipedia.org/wiki/Seymour_Hersh ; entre autres faits d 'armes, il a révélé le massacre de Mỹ Lai au Viêt Nam en novembre 1969.
Quand il cause, ça percute. Florilège :
La main dans le sac ! Quand Le Figaro tripatouille les chiffres de la délinquance, tel un vulgaire ministre de l'intérieur. Tsss...
P.S. : je ne mets "journalisme" dans les tags que pour le travail réalisé Par Laurent Borredon
Je viens de tomber sur ce déjà ancien article de Schneidermann, où il est question, déjà, de Sarkozy et de Mediapart : http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/04/06/lappartement-de-sarkozy-le-temps-dun-reve-avec-mediapart-230912 Un lien dans le texte renvoie sur cet autre article : http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=13040
Les journalistes français sont-ils donc à ce point mous ? Sans parler de la collusion entre grands patron de presse et le pouvoir, je dirais plutôt que les journalistes "de base" ont peur pour leurs fesses. Je crois qu'ils savent pertinemment qu'une question jugée trop dérangeante vaudrait à leur patron un coup de fil du palais, et à eux la porte... On en France hein, pas en Russie. Mais quand même.
"Tendance troublante à la restriction de la liberté d'information" : c'est le moins que l'on puisse dire.
1/ David Miranda, le mari de Glenn Greenwald est arrêté et détenu arbitrairement pendant 9 heures -9 heures d'interrogatoire hein, ils ne lui ont pas servi le thé- dans un aéroport londonien, en vertu d'une loi antiterroriste qui fait de chaque citoyen (pardon, sujet) britannique un suspect potentiel
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/08/19/nsa-ce-que-revele-l-arrestation-du-compagnon-de-m-greenwald_3463508_3222.html
2/ J'apprends incidemment en lisant cet article qu'une autre journaliste du Guardian, Laura Poitras, "a déjà été retenue plus d'une quarantaine de fois dans des aéroports [...] depuis qu'elle a été placée, en 2006, par les Etats-Unis sur la liste des personnes à contrôler en priorité". Pour quelle raison ? Elle gêne, elle a commis des reportages critiques envers l'Administration américaine, et travaille sur les dossiers confiés par Edward Snowden.
3/ Le gouvernement britannique a forcé le Guardian à détruire des informations fournies au journal par Edward Snowden, le menaçant d'une procédure judiciaire s'il ne coopérait pas.
"Et alors s'est produit l'un des moments les plus bizarres dans la longue histoire du Guardian. Deux experts en sécurité de la GCHQ ont surveillé la destruction des disques durs dans les sous-sols du Guardian, pour être bien sûrs qu'il ne restait plus rien dans ces petits morceaux de métal tordus qui puisse constituer un quelconque intérêt à être passé à des agents chinois."
Là où le tragique (censure, pression, intimidation) confine à l'absurde, c'est dans le paragraphe suivant : "Whitehall était satisfait, mais cette détermination contre un élément symbolique du dossier a montré le peu de compréhension du gouvernement sur l'ère du digital", écrit encore le rédacteur en chef du Guardian. En effet, les disques durs détruits ont tous été copiés au préalable."
Voilà où nous en sommes. Et pendant ce temps, sur Twitter, royaume des indignés en pantoufles, on parle de Justin Bieber on fait tourner des chaînes à la con et on s'interroge sur les derniers actes de Valls, Manuel, ci-devant policier en civil. Dormez braves gens.