"Est-ce qu'on le soutient dans ses envies ? Ou est-ce qu'on le contraint ? Si un petit garçon demande à s'habiller avec une robe ou un vêtement à fleurs, faut-il le laisser faire ou l'en empêcher pour le protéger ?
J'ai fait le pari de lui donner suffisamment d’aplomb pour qu'il puisse agir comme il le souhaite, librement."
[..]
Pour l'amour de son fils (et de la liberté), Elise a donc fait la chose la plus mignonne du monde. Elle a collecté des images d'hommes connus (ou pas) pour fabriquer de petits dépliants libérateurs.
[...]
Elise ne s'est pas arrêtée là. Elle a imaginé les mêmes petits dépliants pour les filles. Car contrairement à ce qu'on leur dit parfois, elles peuvent aimer les voitures, le foot, les maths, les sciences, les jeux vidéo, les ordinateurs, avoir des poils ou des cheveux rasés...
GE-NIAL
Les dépliants sont téléchargeables ici et là.
EDIT : liens vers les dépliants mis à jour :
Le Conseil d'Etat a tranché : les silhouettes exposées dans la commune alsacienne de Dannemarie (une affaire résumée ici par Libération) ne portent pas une «atteinte grave» à la dignité humaine, comme l'affirmait le collectif féministe des Effrontées.
Et merde. Les cons.
J'ai découvert ça tout à l'heure dans le journal de Besançon.
C'est affligeant : il se trouve encore un bon nombre d'abrutis pour profiter de la journée des droits de la femme ou d'une "anné de la femme" pour étalage du sexisme le plus gras et le plus vulgaire.
La décision du Conseil d'Etat va être intéressante. Espérons qu'elle ira dans le bon sens.
Déjà dit et déjà publié ici même, mais j'aime bien me répéter.
Dans ce contexte, si nous parlons de foot féminin, cela signifie que c’est un sport à part. De ce que j’en ai compris (après avoir bien suivi l’Euro 2017), il serait pratiqué par 2 équipes de 11 partenaires, sur un terrain de football réglementaire, avec un ballon de même taille et poids que celui utilisé à l’Euro 2016. Les règles ne diffèrent pas de celles d’un match de Ligue 1, si ce n’est peut-être un peu moins de cinéma et de réclamations auprès de l’arbitrage. Par conséquent, nous parlons bien de football, sans adjectif le qualifiant.
Le style de jeu peut, à la rigueur, être féminin. Comme il pourrait être madrilène ou milanais. Mais on ne fait pas de championnat d’Europe de football par style, si ? Ni même d’équipe nationale d’ailleurs. Parce qu’alors, il pourrait très bien s’agir de l’équipe de France masculine de foot féminin.
[...]
Alors, tant qu’on est sur ce problème de qualificatifs, il faudrait noter que quand une équipe est constituée exclusivement d’hommes, elle est masculine. Elle n’est pas qu’équipe. Pourquoi ces messieurs seraient-ils Equipe de France et nous Equipe de France féminine ? Comme s’ils étaient seuls à représenter tout le peuple français, à importer, à marquer l’histoire. L’égalité passe aussi par là. Donc pour la route, un dernier petit rappel : Non, l’équipe de France masculine de Basketball n’a pas offert, en 2013, un tout premier titre européen à l’histoire de sa fédération. Les filles l’avaient déjà fait en 2001…
Je regarde le chiffre effarant, affolant des violences sexuelles, dont les hommes ne cessent de me dire que cela devrait être mon unique et seul combat et je le vois s’éloigner car je suis trop occupée à chercher mes mots pour ne pas blesser les hommes.
Je sais qu’ils sont blessés lorsque je parle des violences sexuelles. Blessés que je puisse les en croire auteurs. Blessés que je puisse les comparer avec ceux qui violent et que je ne définis pas plus précisément ce qui entretient un doute insupportable entre les hommes qui ne violent pas et les hommes qui violent. Blessés que tout mon discours ne soit pas mieux choisi, mieux construit, mieux écrit afin de ne pas les stigmatiser.
Il se joue alors un jeu étrange entre eux et moi, dont on feint de ne pas connaître les règles mais dont on connaît l’issue.
Ces hommes vont me presser de questions, de demandes de références, de leur expliquer la totalité du féminisme, des violences sexuelles aux tâches ménagères en passant par l’inégalité salariale. J’aurais droit à la mauvaise foi, aux arguments homme de paille. Tout mon défi sera de chercher les bons mots, la bonne phrase, la bonne tournure. Toute mon attention sera concentrée sur le fait de ne pas leur déplaire, et que peut-être ils deviennent moins des ennemis de classe, des dangers directs ou indirects, des participants actifs ou passifs au sexisme. Tout leur discours sera sous-tendu par la menace suivante : « SI tu n’es pas gentille, SI tu ne réponds pas à toutes mes questions, SI tu t’énerves, alors je serai un ennemi du féminisme et cela sera ta faute ».
Les femmes sont en général vues comme responsables des violences sexuelles qu’elles subissent. La boucle se boucle. Si nous n’expliquons pas gentiment aux hommes qu’il faut pas violer, alors ils le feront.
Les féministes deviennent alors responsables des violences faites aux femmes. Si les féministes étaient plus pédagogues, plus gentilles, moins agressives, alors les hommes s’énerveraient moins en réaction. Je ne travaillerais plus à lutter contre les violences faites aux femmes mais concentrerais toute mon attention à ce que les hommes ne violent pas davantage à cause de moi, ne soient pas plus sexistes à cause de moi, ne soient pas des ennemis du féminisme à cause de moi. Toutes les violences faites aux femmes pourraient s'estomper, d'un coup, si les féministes faisaient un peu plus d'efforts et comprenaient un peu mieux le mal-être des hommes.Les hommes m’expliquent qu’ils sont prêts à m’écouter. M’écouter comme si ce dont je parlais concernait la lecture du dernier polar de l’été ou de la dernière recette de cuisine testée. Comme si au fond ce ce que je disais n’avait que peu d’importance alors que cela implique des dizaines de milliers de victimes par an. M’écouter comme si c’étaient des mots de plus, sur un sujet aussi intéressant ou inintéressant que le jardinage ou les jeux videos. Pas un discours qui implique ma vie, ma liberté, la libre disposition de mon corps. M'écouter avant de prendre leur café ou après avoir pris leur dessert. "Ils ont quelque minutes à me consacrer" me disent-ils.
Ils m’écouteront, auront cette grandeur d’âme si je fais quelques efforts. Si j’adapte mon vocabulaire. Si je choisis mes mots. Bannir le mot « homme » de mon vocabulaire peut-être. Dire « ils ». Dire « les monstres ». Bannir le mot « viol » peut-être aussi. Dire « abus ».
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Pourquoi vous sentez vous plus mal de mes mots que des violences sexuelles ? C’est une chose assez extraordinaire que de constater que vos egos priment sur la lutte contre les violences sexuelles. C’est une chose assez incroyable de vous voir subordonner votre aide relative aux luttes des femmes à la façon dont nous allons vous caresser dans le sens du poil, en prenant soin de ne pas vous déranger.
Je regarde les chiffres des violences sexuelles et je me dis qu’une femme est violée toutes les 7 minutes en France. Ce sont des mots, souvent un peu abstraits. Je sais qu’il suffirait d’un peu de bonne volonté masculine pour que ces chiffres diminuent drastiquement. Cela parait étrange de parler de "bonne volonté" en matière de violences sexuelles non ? Et pourtant.
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Il faudra admettre que les hommes n'ont pas le droit de disposer du corps des femmes, du corps des enfants et du corps d'autres hommes. Cela les rend très malheureux je le sais, on me parlera de leur misère sexuelle pendant que je parlerais de viol. On comparera le fait de ne pas pouvoir baiser alors que je parle du fait de ne pas violer.
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Pendant ce temps, les hommes se demandent pourquoi les féministes disent "les hommes" au lieu "des hommes".
Pendant ce temps, des hommes me disent que lire ce que j'écris, lire des récits de violence sexuelle est "dur mais qu'ils arrivent à ne plus se sentir mis en cause". C'est tout ce que ce que cela suscite. Ils ne se sentent plus accusés (alors qu'ils le sont), ils ne se sentent plus visés (alors qu'ils le sont), ils ne sentent plus ma colère (alors qu'elle est là, intacte, entière, brûlante). Ils sont tranquillisés ; je ne les visais pas eux et c'est bien tout ce qui importe n'est ce pas. Je dois continuer à "être pédagogue" me disent-ils en me tapotant sur la tête pour me féliciter de mes efforts à les rassurer, à ce qu'ils ne se sentent pas impliqués, touchés, blessés. Ce n'est pas la violence sexuelle commise par les hommes qui est dure, ce sont les mots des féministes qui en parlent. Ce ne sont pas les hommes violeurs qui sont durs - et la masse bêlante des hommes occupés à pinailler sur le "bon mot" pour parler - mais mes mots mis sur les violences sexuelles commises SUR les femmes PAR les hommes
Je n’ai pas pris conscience tout de suite de ce qui ne me va pas dans notre société, ayant été moi-même formatée. Oui, un homme à le droit de pleurer et d’avoir des sentiments, tout comme une femme a le droit de diriger une entreprise et de se montrer impassible au désarroi d’autrui. Nous sommes avant tout comme nous sommes : humains. Et c’est bien pour cela que nous devons casser ce qui nous a été fourré dans la tête depuis tout petit. On a le droit d’être fort ou vulnérable, ce n’est aucunement de la faiblesse. On a le droit de demander de l’aide lorsqu’on est un homme et de la refuser lorsqu’on est une femme. Le sexe faible, c’est dans votre tête. Le sexe fort, c’est dans votre tête aussi. Et tous ces clichés nous ont été inculqués par la société patriarcale et la culture du viol.
Un pavé plein de rappels, et de liens pour creuser certains sujets.
Je parle ici de misogynie, car je remarque que le dégoût le plus total est réservé à tout ce qui est stéréotypé féminin, surtout ce qui est aimé par les adolescentes ou les « matantes ». J’ai aussi reçu des critiques pour avoir écrit à propos de Keeping up with the Kardashians, comme si cela affectait mon intelligence ou le respect qu’il fallait avoir envers moi en tant qu’« intellectuelle ». J’ai entendu aussi de nombreuses fois de la part d’hommes universitaires que Nicki Minaj est trop vulgaire, qu’elle ne fait pas de la « vraie musique » et qu’eux n’écoutent que du classique et du jazz, évidemment. J’ai entendu des commentaires désobligeants sur le maquillage, la mode, on m’a dédaignée parce que j’aime écouter America’s Next Top Model et que je joue aux Sims. Pourtant, leur attitude envers les éléments de culture pop associés à la « masculinité » est souvent beaucoup plus permissive. Personne ne m’accuse de ramollir les cerveaux de la population quand je parle de jeux vidéo comme Diablo ou God of War, ou quand j’explique pourquoi j’aime écouter des films de superhéros. Il y a parfois certains « intellectuels » plus critiques du sport, mais encore là, je n’ai jamais assisté à un niveau de dédain aussi général et intense que lorsqu’il est question de choses « féminines ».
J'avais shaarlié une affaire en tout point semblable en février 2016.
Heureusement que le premier article précise qu'il s'agit de Villefranche sur Saône et celui-ci Fresnes, sinon j'aurais cru qu'il s'agissait de la même histoire...
C'est déplorable.
via Kevin
Voir aussi ce (hélas) vieil article : https://cafaitgenre.org/2013/03/16/sexisme-chez-les-geeks-pourquoi-notre-communaute-est-malade-et-comment-y-remedier/
Une fois encore, les organes génitaux féminins ne sont pas détaillés.
Les garçons ont un zizi, orné d'un gland et joliment décoré d'un prépuce et d'une paire de testicules. .
Les filles ont une zézette, point. Et pis bon, quand même une urètre, parce qu'il faut bien faire pipi.
Réaction de l'auteur-animateur-et-parfois-médecin Michel Cymes :
Y a des gens qui sont vraiment très malades
Justification de la directrice éditoriale, Maureen Dor et de la société sur Facebook :
Je trouve ça complètement déplacé qu'on parle du clitoris à une enfant de 5 ans.
[...]
on ne parle pas d'utérus et de clitoris à une petite fille
Mais sinon tout va bien.
Oh, sinon docteur Cymes : comptez moi parmi les malades merci. Malades de dégoût.
Après avoir l'introduction du reportage par Pujadas affirmant que "le patriarcat est mort", on a droit à une succession de clichés sexistes sans la moindre contradiction.
Double fail.
/Musique terrifiante/
Le Tumblr de l'invasion des femmes sans tête !!!
Bon, en fait, c'est dramatique : les affiches où les femmes sont représentées de dos, pour ne pas dire de fesses, sont innombrables. Et sur la plupart, elles sont carrément décapitées, histoire que l'on comprenne bien quelles sont les parties intéressantes de leur corps.
Dans la catégorie "ils ont osé" :
Cette année, le Festival de Cannes a choisi une photo de l'actrice Claudia Cardinale prise en 1959 à Rome pour illustrer l'affiche de la 70e édition. Mais visiblement, Claudia Cardinale n'était pas assez belle : certains relèvent en effet que la photo d'origine a été sensiblement retouchée et que l'actrice a été nettement amincie (cliquez sur le tweet pour voir l'avant/après en gif). On se demande bien en quoi c'était nécessaire.
« Nous sommes en 2017. Les décisions de ces deux femmes détermineront si le Royaume-Uni doit continuer d’exister. Et ce sont leurs jambes qui font la “une”. Evidemment. »
Putain de charabia sexiste et méprisant :/
"l’aimantation érotique de l'actrice" => le mec, on lui fout sous les yeux une cyborg en images de synthèse, il arrive quand même à bander en pensant à Scarlett Johansson.
Drôle d'époque, un peu schizophrène, où la femme est sexualisée partout mais où l'on ne supporte pas la vue d'un téton.
[...]
Et en cherchant à ne pas heurter le public grâce au floutage, on lui suggère en fait, paradoxalement, qu'il a bien raison de considérer comme sexuel le corps des femmes.
[...]
La sexualisation omniprésente du corps de la femme serait donc caractéristique de notre culture, tout comme la volonté de la nier : « En cherchant à limiter la représentation publique de la nudité de la femme, on veut renouer avec un héritage culturel et religieux chrétien, qui dit que la chair c'est le péché, et qu'une femme bien est une femme pudique. »